Et quand les nuages semblent remplir tout le ciel ? Première partie

Et quand les nuages semblent remplir tout le ciel ? Première partie

Est-ce que la méditation de pleine conscience est « juste » une question de « regarder » ses pensées et les laisser passer comme des nuages dans le ciel ? C’est un cliché, certes, mais qui nourrit des croyances sur la méditation. Qui n’a pas connu des jours où les pensées n’étaient pas simplement quelques jolis cumulus traversant un beau ciel bleu ? Parfois les « nuages » sont gros, sombres, menaçants, avec des émotions intenses qui les accompagnent … Parfois on ne distingue même plus le ciel, tellement il est obscurci par une couverture grise et pesante qui semble infiltrer tout notre corps et même notre âme. À ces moments, difficile de les voir passer ! Et pourtant, ils finiront par passer : le ciel bleu est encore là – il suffit d’avoir pris un avion en journée pour l’avoir constaté de ses propres yeux : les nuages n’absorbent pas le ciel en entier, ils sont dans le ciel, ils l’occupent partiellement et temporairement. De même, le soleil continue à briller – même la nuit, c’est juste qu’on ne le voit pas. Peut-être qu’il faudrait d’abord un gros orage ou une douce pluie, ou un vent du nord glacial pour que les nuages se dissipent, mais nous pouvons avoir confiance en cette impermanence des nuages et la permanence du ciel et du soleil. De même, nous pouvons avoir confiance en la terre qui nous soutient, nous porte et – pour l’instant en tout cas – nous nourrit. Cette confiance peut être très rassurante, comme peut l’être la conscience de notre contact avec ce qui nous relie à la terre, les sensations dans notre corps aux endroits qui sont en contact avec elle – même si entre nous et la terre il peut y avoir un sol, voir même plusieurs étages, des chaussures, une chaise, coussin, banc, lit, etc. Nous sommes ancré·e·s : la gravité s’en occupe ; il suffit de porter notre attention à ces points de contact. Mais il se peut aussi que les sensations corporelles, comme par ailleurs notre respiration, ne soient pas aidant, rassurant, stabilisant et que pour une raison où une autre cela soit pénible ou émotionnellement trop activant. Dans ces cas, un objet d’attention à l’extérieur de nous-même peut être une très bonne alternative, comme par exemple les sons : les sons de la nature, si possible, sinon simplement les sons de la vie (voix, pas, voitures, sonneries et sirènes divers, …) et le silence entre les sons. Ou visuellement, un objet sur lequel nous fixons notre regard, notre attention. Et alors que les pensées passent ou ne passent pas, que les émotions nourries par elles – et réciproquement – restent, nous pouvons au moins faire une pause méditative pour ne pas les nourrir. Dans la méditation de pleine conscience nous sommes invité·e·s à nous tourner vers ce qui est inconfortable, à apprendre à « être avec », avec bienveillance. Entre autres, cela augmente notre résilience. Mais parfois, il y a une certaine sagesse interne qui nous en détourne : il faut l’écouter, choisir des méditations qui nous font du bien et, si besoin, nous tourner vers un professionnel qui peut nous accompagner dans les eaux troubles.